Heures complémentaires à temps partiel

Un salarié à temps partiel qui dépasse la durée de son contrat ne fait pas des heures supplémentaires mais des heures complémentaires, avec leurs propres plafonds et leurs propres majorations. Ce guide les calcule sur des exemples et explique les limites que l’employeur ne peut pas franchir.

Heures complémentaires et heures supplémentaires : la différence

Les heures supplémentaires sont celles d’un temps plein au-delà de 35 heures. Les heures complémentaires sont celles d’un temps partiel au-delà de la durée fixée dans son contrat, par exemple au-delà de 24 heures pour un contrat de 24 heures. La distinction a des conséquences : plafond, majoration et interdiction d’atteindre la durée légale sont différents, et un salarié à temps partiel ne fait jamais d’heures supplémentaires, puisqu’il ne peut pas dépasser 35 heures.

Les règles côte à côte
Heures complémentaires (temps partiel)Heures supplémentaires (temps plein)
Seuildurée du contrat35 heures par semaine
Plafond1/10 de la durée du contrat, 1/3 par accordcontingent de 220 heures par an
Majoration10 % jusqu’au dixième, 25 % au-delà25 % jusqu’à 8 heures, 50 % au-delà
Limite absoluene jamais atteindre 35 heures48 heures dans la semaine
ArticlesL3123-8, L3123-9, L3123-20, L3123-29L3121-28, L3121-36

Le plafond : un dixième, ou un tiers par accord

À défaut d’accord, les heures complémentaires ne peuvent pas dépasser un dixième de la durée hebdomadaire ou mensuelle du contrat (art. L3123-28) : 2 h 24 pour 24 heures, 3 heures pour 30 heures. Une convention ou un accord de branche étendu peut porter le plafond au tiers (L3123-20) : 8 heures pour 24, 10 heures pour 30. Dans tous les cas, le total ne peut pas atteindre 35 heures, ni la durée conventionnelle si elle est inférieure (L3123-9) : un contrat de 30 heures ne peut pas recevoir plus de 4 h 59 complémentaires, même avec un accord au tiers.

Le dépassement répété a un prix. Si pendant douze semaines consécutives, ou douze semaines sur quinze, l’horaire moyen dépasse de 2 heures au moins par semaine la durée du contrat, le contrat doit être modifié pour intégrer ces heures, sauf opposition du salarié (L3123-13). Et si l’employeur fait travailler le salarié 35 heures ou plus, les juges requalifient le contrat en temps plein avec rappel de salaire.

La majoration : 10 % puis 25 %

Chaque heure complémentaire est majorée d’au moins 10 % tant qu’elle reste dans la limite du dixième de la durée contractuelle ; au-delà du dixième et jusqu’au tiers, la majoration est de 25 % (art. L3123-29). Une convention de branche étendue peut fixer un taux différent, sans descendre sous 10 % (L3123-22).

Exemple : contrat de 24 heures par semaine, taux horaire de 13 €, accord au tiers
Heures de la semaineStatutMajorationTaux
1 à 24heures du contrat–13,00 €
24 h 01 à 26 h 24complémentaires dans le dixième (2 h 24)+ 10 %14,30 €
26 h 25 à 32 hcomplémentaires au-delà du dixième, jusqu’au tiers (8 h)+ 25 %16,25 €
35 et plusinterdit : requalification en temps plein––

Une semaine de 29 heures sur ce contrat paie 24 × 13 = 312 euros, plus 2,4 × 14,30 = 34,32 euros, plus 2,6 × 16,25 = 42,25 euros, soit 388,57 euros brut. Comme les heures supplémentaires, les heures complémentaires bénéficient de la réduction de cotisations salariales et de l’exonération d’impôt dans la limite de 7 500 euros nets par an.

Prévenance, refus et avenant de complément d’heures

Le salarié à temps partiel doit être prévenu des heures complémentaires au moins trois jours à l’avance, sauf délai conventionnel différent ; s’il est prévenu plus tard, il peut refuser sans que ce soit une faute (L3123-10). Il peut aussi refuser les heures qui dépasseraient le plafond, ou qui ne respecteraient pas la répartition prévue au contrat.

Une convention de branche étendue peut autoriser l’avenant de complément d’heures (L3123-22) : pour une période donnée, la durée du contrat est augmentée, et les heures ainsi ajoutées sont payées au taux normal ou au taux conventionnel, au moins 25 % étant dues pour les heures accomplies au-delà de la durée de l’avenant. Huit avenants par an et par salarié au plus, hors remplacement d’un absent. C’est le mécanisme qu’utilisent le commerce et la propreté pour les périodes de pointe.

Enfin, la durée minimale du temps partiel est de 24 heures par semaine (L3123-7), sauf demande écrite et motivée du salarié, contrat étudiant de moins de 26 ans ou accord de branche prévoyant une durée inférieure avec des horaires regroupés.

Calculer la paie d’un temps partiel

Le salaire de base d’un temps partiel suit la même mensualisation qu’un temps plein : durée hebdomadaire × 52 ÷ 12. Un contrat de 24 heures fait 104 heures par mois, un contrat de 30 heures 130 heures. Le taux horaire est le même que celui d’un temps plein de même qualification, c’est le principe d’égalité de traitement. Au SMIC de 12,31 euros, 24 heures par semaine donnent 1 280,24 euros brut par mois ; le calcul du taux horaire et le calculateur d’heures par mois prennent les durées partielles en compte.

Pour suivre les heures complémentaires, la feuille d’heures accepte une durée prévue de 24, 28 ou 30 heures et affiche le solde hebdomadaire ; le coefficient de majoration se règle sur 1,10 ou 1,25 selon le palier.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une heure complémentaire ?

Une heure de travail accomplie par un salarié à temps partiel au-delà de la durée fixée dans son contrat, à la demande de l’employeur. Elle se distingue de l’heure supplémentaire, réservée au temps plein au-delà de 35 heures, par son plafond (un dixième ou un tiers de la durée du contrat) et par sa majoration (10 % puis 25 %).

Combien d’heures complémentaires un salarié à temps partiel peut-il faire ?

Au plus un dixième de la durée du contrat par semaine ou par mois, un tiers si une convention ou un accord de branche étendu le prévoit. Dans tous les cas, le total doit rester strictement inférieur à 35 heures par semaine. Pour un contrat de 24 heures : 2 h 24 à défaut d’accord, 8 heures avec un accord au tiers.

Comment sont majorées les heures complémentaires ?

De 10 % pour les heures comprises dans le dixième de la durée contractuelle et de 25 % pour celles qui vont du dixième au tiers (art. L3123-29). Une convention de branche étendue peut fixer un autre taux, jamais inférieur à 10 %. Sur un taux horaire de 13 euros, l’heure complémentaire vaut 14,30 ou 16,25 euros.

Le salarié peut-il refuser des heures complémentaires ?

Oui dans trois cas : s’il est prévenu moins de trois jours avant (sauf délai conventionnel différent), si les heures dépassent le plafond du dixième ou du tiers, ou si elles ne respectent pas la répartition des horaires prévue au contrat. En dehors de ces cas, le refus peut être considéré comme une faute.

Que se passe-t-il si le temps partiel atteint 35 heures ?

Le contrat est requalifié en temps plein à compter de la première fois où la durée légale a été atteinte, avec rappel de salaire sur la base d’un temps plein. C’est la sanction prévue par l’article L3123-9 et appliquée strictement par la Cour de cassation, même pour une seule semaine.

Les heures complémentaires sont-elles exonérées d’impôt ?

Oui, comme les heures supplémentaires : exonération d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros nets par an, majoration comprise, et réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse. Elles restent soumises à la CSG et à la CRDS.

Calculateurs associés

Sources

Vérifié par l’équipe éditoriale de CalcHours. Les calculs reposent sur les textes cités ci-dessous ; ils ne remplacent pas un conseil juridique ou celui d’un gestionnaire de paie.

Dernière vérification: