Majoration des heures supplémentaires

Au-delà de 35 heures par semaine, chaque heure est payée plus cher, ou récupérée plus longtemps. Ce guide détaille les taux légaux et conventionnels, les deux paliers, le contingent annuel, le repos qui peut remplacer le paiement, ce que le salarié touche réellement après impôt et cotisations, et ce qui se passe quand les heures ne sont ni payées ni comptées.

Les deux paliers légaux

L’article L3121-36 du Code du travail s’applique quand aucun accord d’entreprise ni de branche ne dit autre chose : les huit premières heures supplémentaires de la semaine, de la 36e à la 43e, sont majorées de 25 % ; les suivantes, à partir de la 44e, de 50 %. Le décompte est hebdomadaire, du lundi 0 h au dimanche 24 h, et repart de zéro chaque semaine.

Majoration légale selon le rang de l’heure dans la semaine
Heures de la semaineStatutMajorationTaux pour 15 € de l’heure
1re à 35eheures normales–15,00 €
36e à 43eheures supplémentaires, premier palier+ 25 %18,75 €
44e à 48eheures supplémentaires, second palier+ 50 %22,50 €
au-delà de 48interdit sauf autorisation (L3121-20)––

La majoration se calcule sur le taux horaire de base augmenté des éléments qui rémunèrent le travail : primes de rendement, d’objectif ou de danger, avantages en nature. Les primes qui ne dépendent pas du travail fourni, ancienneté, assiduité, 13e mois, n’entrent pas dans l’assiette. Le taux de base lui-même se déduit du salaire mensuel par la règle des 151,67 heures, expliquée sur la page taux horaire.

Les taux conventionnels : de 10 % à 50 %

Depuis 2016, l’accord d’entreprise prime sur l’accord de branche pour fixer le taux de majoration, et l’un comme l’autre peuvent descendre jusqu’à 10 % (art. L3121-33). Les grilles les plus courantes :

  • 25 % puis 50 %, soit la règle légale reprise telle quelle : la majorité des conventions, dont Syntec, le commerce de gros, la métallurgie pour l’essentiel.
  • 10 % de la 36e à la 39e heure, 20 % de la 40e à la 43e, 50 % au-delà : hôtels, cafés et restaurants (HCR), où la durée conventionnelle est de 39 heures.
  • Taux unique de 10 % ou 15 % par accord d’entreprise, fréquent dans les PME qui ont négocié après 2016.

Avant d’appliquer un taux, vérifiez dans cet ordre : l’accord d’entreprise, puis la convention collective, puis la loi. Le bulletin de paie mentionne la convention applicable ; le texte se consulte sur Légifrance. Le calculateur d’heures supplémentaires accepte n’importe quel coefficient.

Le contingent annuel de 220 heures

Le contingent est le volume d’heures supplémentaires que l’employeur peut faire effectuer dans l’année sans autre formalité que l’information du comité social et économique. Il est de 220 heures par salarié à défaut d’accord (art. D3121-24) ; un accord peut le fixer plus haut ou plus bas, 130 heures dans certaines branches en cas de modulation, 300 ou plus dans d’autres.

Au-delà du contingent, chaque heure supplémentaire ouvre droit, en plus de sa majoration, à une contrepartie obligatoire en repos : 50 % de l’heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà (L3121-38). Dix heures au-delà du contingent dans une entreprise de 50 salariés valent donc dix heures majorées et dix heures de repos. Les heures intégralement compensées par un repos de remplacement ne s’imputent pas sur le contingent, ce qui permet d’en sortir sans franchir le plafond.

Le contingent ne crée aucun droit à dépasser les durées maximales : 10 heures par jour, 48 heures dans une semaine, 44 en moyenne sur douze semaines. À 4 heures supplémentaires par semaine, un contrat à 39 heures consomme 208 heures de contingent sur 52 semaines, presque tout.

Payer ou récupérer : le repos compensateur de remplacement

Un accord collectif peut prévoir que les heures supplémentaires, majoration comprise, sont remplacées en tout ou partie par un repos. Dans une entreprise sans délégué syndical, l’employeur peut le décider lui-même si le comité social et économique ne s’y oppose pas (L3121-37). Le repos est équivalent à la rémunération : une heure majorée de 25 % donne 1 h 15 de repos, une heure à 50 % donne 1 h 30.

Pour le salarié, le repos est fiscalement neutre mais fait perdre l’exonération d’impôt attachée aux heures payées ; pour l’employeur, il lisse l’activité. La convention précise le délai de prise, souvent deux mois, et le mode d’information, en général une ligne sur le bulletin de paie.

Ce que le salarié touche réellement

Le brut majoré n’est pas le net. Trois mécanismes rapprochent les deux pour les heures supplémentaires :

  • une réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse, de base et complémentaire, dans la limite du taux applicable ;
  • une exonération d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros nets par an (art. 81 quater du CGI), majoration incluse, reconduite par la loi de finances pour 2026 ;
  • pour l’employeur de moins de 20 salariés, une déduction forfaitaire de cotisations patronales par heure supplémentaire, étendue sous une forme réduite aux entreprises de 20 à moins de 250 salariés.

Les heures restent soumises à la CSG et à la CRDS et entrent dans le revenu fiscal de référence. En pratique, une heure supplémentaire à 18,75 euros brut rapporte au salarié un net plus proche de 16 euros que des 14 euros qu’aurait donnés une heure normale au même brut. Le calculateur affiche le brut ; le net dépend du statut et de la convention.

Heures non payées : preuve et délais

Quand les heures supplémentaires ne sont ni payées ni compensées, le salarié dispose de trois ans à compter de chaque paie pour les réclamer (art. L3245-1), devant le conseil de prud’hommes si nécessaire. La preuve est partagée : le salarié présente des éléments suffisamment précis, un relevé quotidien, des courriels horodatés, un planning ; l’employeur doit y répondre avec ses propres éléments de contrôle, qu’il est tenu de produire puisque le décompte lui incombe (L3171-2 à L3171-4). Un employeur sans relevé est en mauvaise posture, un salarié sans relevé aussi.

Deux conditions de fond : les heures doivent avoir été demandées par l’employeur ou rendues nécessaires par les tâches confiées, et l’employeur ne peut pas s’abriter derrière une interdiction formelle de faire des heures supplémentaires s’il savait qu’elles étaient faites et en a profité. La feuille d’heures de ce site produit le relevé daté qui sert dans les deux sens.

Questions fréquentes

Quelle est la majoration des heures supplémentaires ?

À défaut d’accord collectif, 25 % pour les huit premières heures supplémentaires de la semaine (de la 36e à la 43e) et 50 % au-delà (art. L3121-36). Un accord d’entreprise ou de branche peut fixer un autre taux, au minimum 10 %. Sur un taux horaire de 15 euros, l’heure majorée de 25 % vaut 18,75 euros et celle de 50 % 22,50 euros.

Quand les heures supplémentaires passent-elles à 50 % ?

À partir de la 44e heure de travail effectif dans la semaine civile, c’est-à-dire après huit heures supplémentaires. Une semaine de 46 heures compte 8 heures à 25 % et 3 heures à 50 %. Les conventions qui prévoient d’autres taux, comme celle des hôtels-cafés-restaurants (10 %, 20 %, 50 %), gardent en général le passage à 50 % à la 44e heure.

Qu’est-ce que le contingent annuel d’heures supplémentaires ?

Le nombre d’heures supplémentaires qu’un salarié peut effectuer dans l’année sans contrepartie en repos : 220 heures à défaut d’accord (art. D3121-24). Au-delà, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos de 50 % dans les entreprises de 20 salariés au plus et de 100 % au-delà, en plus de la majoration.

Les heures supplémentaires peuvent-elles être récupérées au lieu d’être payées ?

Oui, par un repos compensateur de remplacement prévu par accord collectif ou, à défaut de délégué syndical, décidé par l’employeur sans opposition du comité social et économique. Le repos est équivalent à la rémunération majorée : 1 h 15 pour une heure à 25 %, 1 h 30 pour une heure à 50 %. Ces heures ne s’imputent pas sur le contingent.

Les heures supplémentaires sont-elles exonérées d’impôt en 2026 ?

Oui, dans la limite de 7 500 euros nets par an, majoration comprise (art. 81 quater du CGI), et elles bénéficient d’une réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse. Elles restent soumises à la CSG et à la CRDS et comptent dans le revenu fiscal de référence, ce qui peut jouer sur certaines aides.

Sur quelle base se calcule la majoration ?

Sur le taux horaire de base, augmenté des primes qui rémunèrent le travail (rendement, objectifs, danger) et des avantages en nature liés à l’emploi. Les primes indépendantes du travail fourni, comme l’ancienneté ou le 13e mois, ne sont pas incluses. Le taux de base d’un mensualisé est le salaire mensuel divisé par 151,67.

Combien de temps pour réclamer des heures supplémentaires non payées ?

Trois ans à compter de la date à laquelle chaque salaire aurait dû être payé (art. L3245-1). Le salarié doit présenter des éléments suffisamment précis sur les heures accomplies ; l’employeur doit y répondre avec ses propres documents de contrôle. Le juge forme sa conviction au vu des deux, et peut ordonner une mesure d’instruction.

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Sources

Vérifié par l’équipe éditoriale de CalcHours. Les calculs reposent sur les textes cités ci-dessous ; ils ne remplacent pas un conseil juridique ou celui d’un gestionnaire de paie.

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