Ce qu’est une heure supplémentaire
Toute heure de travail effectif accomplie au-delà de la durée légale de 35 heures dans la semaine civile, du lundi 0 h au dimanche 24 h, est une heure supplémentaire (art. L3121-27 et L3121-28). La règle se vérifie semaine par semaine : une semaine de 38 heures compte trois heures supplémentaires même si la suivante n’en fait que 32, sauf dispositif d’aménagement du temps de travail sur une période plus longue prévu par accord.
Elles se décomptent en temps de travail effectif. Les pauses non payées, les congés, les jours fériés chômés et les arrêts maladie n’en font pas partie ; une semaine avec un jour férié chômé et quatre jours de 9 heures fait 36 heures de travail effectif, soit une heure supplémentaire, pas quatre.
L’heure supplémentaire est faite à la demande de l’employeur, ou au moins avec son accord implicite : des heures que le salarié s’impose sans nécessité ne sont pas dues, mais la Cour de cassation considère qu’un employeur qui sait et laisse faire les a acceptées.
Les majorations : 25 %, 50 %, ou le taux de la convention
À défaut d’accord collectif, l’article L3121-36 fixe deux paliers : 25 % de majoration pour chacune des huit premières heures supplémentaires, soit de la 36e à la 43e heure, et 50 % pour les suivantes, à partir de la 44e. Un accord d’entreprise ou, à défaut, de branche peut prévoir un autre taux, qui ne peut pas descendre sous 10 % (L3121-33). Beaucoup de conventions gardent 25 et 50 ; d’autres, dans la restauration ou le transport, ont des grilles propres.
| Taux horaire | + 25 % | + 50 % | + 10 % (minimum conventionnel) | Semaine de 46 h |
|---|---|---|---|---|
| 12,31 € | 15,39 € | 18,47 € | 13,54 € | 609,35 € |
| 13,00 € | 16,25 € | 19,50 € | 14,30 € | 643,50 € |
| 14,00 € | 17,50 € | 21,00 € | 15,40 € | 693,00 € |
| 15,00 € | 18,75 € | 22,50 € | 16,50 € | 742,50 € |
| 16,00 € | 20,00 € | 24,00 € | 17,60 € | 792,00 € |
| 18,00 € | 22,50 € | 27,00 € | 19,80 € | 891,00 € |
| 20,00 € | 25,00 € | 30,00 € | 22,00 € | 990,00 € |
| 25,00 € | 31,25 € | 37,50 € | 27,50 € | 1 237,50 € |
Exemple complet à 15 euros : une semaine de 41 heures paie 35 × 15 = 525 euros, plus 6 × 18,75 = 112,50 euros, soit 637,50 euros brut. Une semaine de 46 heures ajoute 2 × 18,75 et 3 × 22,50 : 525 + 150 + 67,50 = 742,50 euros.
La majoration s’applique sur le taux horaire de base, primes de rendement et avantages en nature liés au travail inclus, mais sans les primes qui ne rémunèrent pas le travail (ancienneté, 13e mois). Le repos compensateur de remplacement peut, par accord, remplacer tout ou partie du paiement : une heure à 25 % devient alors 1 h 15 de repos.
Contingent annuel et contrepartie en repos
Le contingent annuel d’heures supplémentaires est de 220 heures par salarié à défaut d’accord (art. D3121-24). Jusqu’à ce plafond, l’employeur décide seul, après information du comité social et économique. Au-delà, chaque heure ouvre droit, en plus de la majoration, à une contrepartie obligatoire en repos : 50 % de l’heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà (L3121-33 et L3121-38). Les heures compensées intégralement par un repos de remplacement ne s’imputent pas sur le contingent.
Le contingent ne limite pas les durées maximales, qui restent de 10 heures par jour, 48 heures par semaine et 44 heures en moyenne sur douze semaines : 220 heures sur 45 semaines travaillées font moins de 5 heures par semaine, le plafond est souvent atteint bien avant les maxima.
Impôt et cotisations : ce que touche le salarié
Depuis 2019, la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, majoration comprise, est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros nets par an (art. 81 quater du CGI) et bénéficie d’une réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse. Le net d’une heure supplémentaire est donc nettement plus proche de son brut que celui d’une heure normale ; elle reste soumise à la CSG et à la CRDS, et compte pour le revenu fiscal de référence. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, l’employeur bénéficie en plus d’une déduction forfaitaire de cotisations patronales.
Le calculateur donne le brut ; le passage au net dépend du statut et du taux de prélèvement à la source.
Cas particuliers
- Temps partiel : au-delà de la durée contractuelle, ce ne sont pas des heures supplémentaires mais des heures complémentaires, majorées de 10 % jusqu’au dixième de la durée du contrat et de 25 % au-delà, dans la limite du tiers (art. L3123-29). Détails dans le guide heures complémentaires.
- Forfait jours : pas d’heures supplémentaires, le décompte se fait en jours (218 par an au plus), avec un suivi de la charge de travail.
- Contrat à 39 heures : les 4 heures hebdomadaires au-delà de 35 sont des heures supplémentaires structurelles, payées chaque mois (17,33 heures majorées de 25 %) et imputées sur le contingent.
- Nuit, dimanche, jour férié : les majorations de nuit ou de dimanche prévues par la convention se cumulent avec celle des heures supplémentaires quand les deux conditions sont réunies, sauf clause contraire.
- Annualisation : avec un accord de modulation, le seuil devient 1 607 heures par an, et seules les heures au-delà, ou au-delà des limites hebdomadaires hautes fixées par l’accord, sont supplémentaires.
Pour vérifier une semaine entière, la feuille d’heures répartit automatiquement les heures au-delà de 35 entre les deux paliers ; le calcul du taux horaire donne le taux de base à partir du salaire mensuel.
Questions fréquentes
Comment calculer les heures supplémentaires ?
Comptez les heures de travail effectif de la semaine civile au-delà de 35. Les huit premières sont payées au taux horaire majoré de 25 %, les suivantes de 50 %, sauf taux conventionnel différent (au moins 10 %). À 15 euros de l’heure, une semaine de 41 heures vaut 35 × 15 + 6 × 18,75 = 637,50 euros brut.
À partir de combien d’heures les heures supplémentaires sont-elles majorées à 50 % ?
À partir de la 44e heure de la semaine, c’est-à-dire après huit heures supplémentaires majorées à 25 % (de la 36e à la 43e heure). Une semaine de 46 heures compte donc 8 heures à 25 % et 3 heures à 50 %. Un accord collectif peut prévoir un barème différent.
Combien d’heures supplémentaires peut-on faire ?
Dans la limite des durées maximales : 10 heures par jour, 48 heures par semaine et 44 heures en moyenne sur douze semaines. Le contingent annuel est de 220 heures par salarié à défaut d’accord ; au-delà, chaque heure donne droit à une contrepartie obligatoire en repos de 50 % ou 100 % selon la taille de l’entreprise.
Les heures supplémentaires sont-elles imposables ?
Elles sont exonérées d’impôt sur le revenu jusqu’à 7 500 euros nets par an, majoration incluse, et bénéficient d’une réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse. Elles restent soumises à la CSG et à la CRDS et sont prises en compte dans le revenu fiscal de référence.
L’employeur peut-il remplacer le paiement par du repos ?
Oui, si un accord collectif le prévoit, ou dans les entreprises sans délégué syndical si le comité social et économique ne s’y oppose pas. Le repos compensateur de remplacement est équivalent à la rémunération majorée : une heure à 25 % donne 1 h 15 de repos. Ces heures ne s’imputent alors pas sur le contingent annuel.
Quelle est la différence entre heures supplémentaires et heures complémentaires ?
Les heures supplémentaires sont celles d’un temps plein au-delà de 35 heures par semaine, majorées de 25 % puis 50 %. Les heures complémentaires sont celles d’un temps partiel au-delà de la durée du contrat, majorées de 10 % jusqu’au dixième de cette durée et de 25 % au-delà, dans la limite du tiers ; elles ne peuvent pas porter le salarié à 35 heures.
Un jour férié chômé compte-t-il pour les 35 heures ?
Non. Seul le travail effectif compte pour le seuil de 35 heures. Une semaine avec un jour férié chômé et quatre jours de 9 heures fait 36 heures effectives, donc une heure supplémentaire. Certaines conventions assimilent le jour férié à du temps de travail pour ce calcul ; vérifiez la vôtre.
Calculateurs associés
- Calculateur d’heures de travailSaisissez l’heure de début, l’heure de fin et vos pauses : le calculateur donne le temps de travail effectif de la journée, de la semaine ou de la période, en heures et minutes et en centièmes. Il applique la pause légale de 20 minutes, repère les postes qui passent minuit, compte les heures supplémentaires au-delà de 35 heures avec leurs majorations et les heures de nuit, selon le Code du travail.
- Feuille d’heures en ligneSaisissez vos horaires jour par jour, la feuille calcule le temps effectif, compare au contrat, répartit les heures supplémentaires au-delà de 35 heures et sort un relevé signé en PDF, en CSV ou en Excel. Deux semaines, plusieurs salariés, jours fériés : tout reste dans votre navigateur.
- Calcul du taux horaire brutIndiquez votre salaire mensuel ou annuel et votre durée hebdomadaire, le calculateur donne le taux horaire brut par la règle des 151,67 heures ; indiquez un taux horaire et il remonte au salaire par jour, par semaine, par mois et par an. Tout est brut, avant cotisations.
- Majoration des heures supplémentairesAu-delà de 35 heures par semaine, chaque heure est payée plus cher, ou récupérée plus longtemps. Ce guide détaille les taux légaux et conventionnels, les deux paliers, le contingent annuel, le repos qui peut remplacer le paiement, ce que le salarié touche réellement après impôt et cotisations, et ce qui se passe quand les heures ne sont ni payées ni comptées.
- Heures complémentaires à temps partielUn salarié à temps partiel qui dépasse la durée de son contrat ne fait pas des heures supplémentaires mais des heures complémentaires, avec leurs propres plafonds et leurs propres majorations. Ce guide les calcule sur des exemples et explique les limites que l’employeur ne peut pas franchir.